jeudi 5 novembre 2015

Oeuvre d'art

J’ai fait la paix avec la vie,
Donnée à moi, comme un cadeau,
Le temps des blâmes et des défis,
Plus lourde qu’un fardeau...

J’ai fait la paix avec la mort,
Une ombre silencieuse de l’existence
Qui guette avec sourire le corps
Et l’âme au bord de la malchance...

J’ai fait la paix avec les gens
Qui sont, comme moi, en quête du sens
Mènent, sans compter le temps,
Une folle, interminable danse...

J’ai fait la paix avec moi-même,
Un être, déchiré par les passions,
Les peurs, les rêves et les dilemmes
Et dénué de toute raison...

J’ai fait la paix avec destin,
Le sombre labyrinthe du pur hasard,
J’ai libéré mon âme de ses chagrins
Pour la nommer un «œuvre d’art»…

S.Botticelli "Naissance de Venus", fragment. 



Vivre loin de toi...

Vivre loin de toi...
Cette idée m’arrache le cœur...
Si seulement le temps aurait pitié de moi
Pour soulager ma douleur...

Cette douleur insupportable
Qui me prend par la gorge,
Mon amour improbable
Me dévore comme le feu d’une forge...

Je brûle... Je pleure pour le noyer
Dans l’océan de mes larmes,
Un jour j’espère y arriver
À étouffer ses brûlants charmes...

Mais comment étancher ma soif de toi,
De tes mots, de ta voix, de tes bras,
De ton regard, plongé en moi,
Avec mes larmes salées, comment, dis-moi…

Ces gouttes amères se transforment en rimes,
Elles coulent sur la feuille et soulagent ma peine,
Elles donnent au cœur un répit infime
Et l’assoupirent à peine...




Chance

Chance...
Moment propice...
Une évidence...
Un délice...

Un papillon
Aux ailes fragiles...
Une occasion
Qui ne tient qu'à un fil...

Un moment brusque,
Un petit bruit
Qui choque, offusque...
Il est parti...

Un mot...
Un mot maudit...
Un mot de trop...
Et c'est fini...



mercredi 4 novembre 2015

Il faut du temps…

Il faut du temps pour se bâtir
Et récoler les p’tits morceaux
Des actes, des fautes, des souvenirs
Pour faire un beau tableau.

Il faut du temps pour bien grandir
Et regarder la vie,
Apprendre, essayer, mûrir
Et libérer l’esprit.

Il faut du temps pour découvrir
Et retrouver soi-même,
Celui qui est en train de courir
Pour échapper aux flemmes.

Le temps, il est toujours en fuite
Et coule entre les doigts,
On le poursuit encore plus vite,
Mais l’on n’attrape pas.

La multitude des p’tits instants
Défilent devant nos yeux,
Mais on les voit que dans les rides
Et dans le gris de nos cheveux.

Le temps, on ne peut pas le posséder,
On peut que le saisir
Dans les moments où on s’arrête
Pour se laisser sentir

L’odeur de l’air si délicieux
Ou le parfum des fleurs,
Mouvement de l’âme au fond des yeux
Et les battements du cœur.

Le reste, ce n’est qu’un temps perdu,
À tout jamais et sans retour,
Fait de regrets, de l’amertume
Et des soucis de tous les jours.

Il faut du temps pour devenir
Un homme sensé, le vrai,
D'esprit léger, pour découvrir
Le sens du temps gâché…