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samedi 28 novembre 2015

La peur d'aimer

La peur du passé, la peur du futur,

Des regards, de la vie, du destin,

Du cœur qui bat derrière cette armure

Qui l’enchaîne avec les chagrins.


La peur d’aimer à cœur ouvert,

Malgré la distance et le temps qui passe,

Vouloir étouffer la belle lumière

Qui illumine, éblouit et menace


La vie tranquille et confortable

Entre le lit et salle de bain,

Entre les murs, impénétrables

Pour les belles brises du destin


Qui ne trouveront jamais de place

Entre les peurs et les lois,

Les conventions, derrière le carapace

Qui prive le cœur de ses droits


D'aimer et de brûler du feu sacré

Pour transgresser le sort piteux

De faible créature humaine, comme Prométhée

Qui a osé  défier les Dieux!



vendredi 27 novembre 2015

Oiseau

Tu es comme un petit oiseau
Qui craint les mains, tendues vers lui,
Tu as raison, ces mains sont les bourreaux
Qui sont ici pour te priver de vie.

Ces mains, avides de la beauté,
Ne voient que ton joli plumage,
Mais ne connaissent pas ton âme de liberté
Qui n’est pas faite pour une belle cage

Des règles, des lois, des conventions
Qui tuent l’esprit et bercent le cœur
Dans les vagues des petites passions
Jusqu'à l’oubli, jusqu'à la mort.

Tu es un bel oiseau, tu es né libre,
Tes mots sont la musique de liberté,
Évite les cages pour pouvoir survivre,
Mais aime la vie pour que tu puisses chanter.

Ne cède jamais devant le vide de solitude,
Elle est ton salut, ton royaume,
Parfois si apaisante, parfois si rude,
Mais elle fera de toi un Homme…

mercredi 18 novembre 2015

Beauté

Michel-Ange "David"
La vraie Beauté a des défauts,
Des rides, des plis et des fissures,
Les traces du temps et du fardeau
Qui porte le cœur dans ses blessures.

Elle n’est jamais la perfection,
Trop lisse pour être vraie,
Elle porte les traces de la passion
Et de douleur dans ses beaux traits.

Elle brille du fond de son chagrin,
Comme un rayon du beau soleil
Qui perce le gris de son destin
Pour ressortir que des merveilles… 

lundi 16 novembre 2015

Crois en toi...



















Crois en toi, mon cher Ami,
Tu es plus fort que tu le penses,
Tu as ton Cœur et ton Esprit,
Sauve-les de l'ignorance!

Donne-leur la place qu'ils méritent,
Ils sons les plus précieux des dons
Pour ton salut, loin des mythes
Que nous prodiguent les religions.

Libère ton bel Esprit des peurs,
Des règles, des idées reçues,
Et fais confiance à ton p'tit cœur,
Crois-moi, tu seras jamais déçu.

Ils sont ici pour te guider
Dans l’océan de l'existence
Vers les rivages de Vérité,
Donne-leur cette chance! 

dimanche 25 octobre 2015

Trace

Laisser une trace - une obsession
Qui hante des vies depuis toujours,
L’orgueil d’esprit et sa passion -
Les deux fantômes qui jouent des tours

À l’Homme, une faible créature
Qui se croit un être tous puissant,
Égal à Dieu de la Nature,
Avide de faire les taches sur le dessein

De l’Univers, qui vit selon ses propres lois,
Beau et puissant, terrible et magique,
Le géniteur de son enfant-roi,
Une créature humaine en pleine crise de panique

Devant la force de son parent
Qu’il cherche défier à chaque instant
Et dépasser sur son parcours errant,
En ignorant les signes du destin,

Pour prendre la revanche de ses malheurs,
Les fruits amers du mauvais sort,
Laisser une trace pour dissiper ses peurs
Devant la Vie et de la Mort…


jeudi 15 octobre 2015

Homme

Le corps du guerrier,
L'esprit de sagesse,
Le cœur de beauté,
De l'amour, de tendresse...

Un homme entier, honnête et fier
Qui trace sa route vers son destin
Parmi les peurs et les chimères,
Les espoirs et les chagrins.

Prêt à aider et consoler
Ceux qui en pleurs traversent sa route
Et s’éloigne de tous pour pouvoir pleurer
Tout seul, meurtri par ses terribles doutes.

Son cœur n'est pas à vendre
Sur le marché des illusions
Qui cherchent à le surprendre
Par les petites passions.

Il sait attendre... Son regard
Qui brigue la Vérité
Saura reconnaître dans la folie du hasard
Celle qui saura l'aimer...




mardi 13 octobre 2015

Florence

La terre fertile de douce Florence
Est le berceau de la Beauté
Qui a semé la Renaissance
De notre belle Humanité.

Elle est le corps, ta terre, la mère
Qui donne la vie à tout
Et éblouit par sa lumière
Le monde noir des fous.

Elle est la terre des grands génies
Nourri par ses rivières et ses collines,
La source précieuse de bel esprit,
Taillé par le nectar des vignes.

Ses œuvres – le mélange savant
De la splendeur d’Antiquité
Aux traits d’un sensuel païen,
Et de l’amour, de grâce et de piété.

Elle est un hymne à la beauté humaine
Avec ses belles passions et sa tendresse,
Avec l’esprit et ses dilemmes
Et la folie du corps et son ivresse.

David – c’est lui le beau symbole humain
Dans toute sa nudité fragile,
Confiant et qui n’a peur de rien –
Ni vivre, ni mourir…

Florence est immortelle, elle est la Vie
Qui ne prendra jamais la fin,
Elle est le sang, le cœur, l’esprit
De chaque être humain…


vendredi 25 septembre 2015

Poète


Regardez l’Homme, ouvrez les yeux!
Son Cœur, énorme comme le Soleil,
Et son Courage, le don des Dieux,
Qui n’a jamais eu son pareil!

La Vie comme un flambeau
Porté fièrement malgré les peurs,
L’indifférence des gens, un lourd fardeau,
Et les ténèbres des douleurs.

Regardez bien, levez vos têtes
De vos petits soucis pour un instant,
Laissez-vous éblouir par ce Poète
Et la beauté de son Destin,

Son Âme, une belle Lumière,
Et son Esprit fiévreux,
Un Homme aimant et fier,
Égal à tous les Dieux!



mardi 22 septembre 2015

Mer

Il a donné son cœur à la mer,
Son seul, véritable amour,
Pour cet amour il a quitté la terre
Et le monde de tous le jours.

Il s'est laissé bercer par les flots,
Il a appris écouter le vent
Et s’envoûter par le halo
De la lune et ses reflets dans l'eau.

Son amante majestueuse, insoumise
Versait sur lui ses larmes salées,
L'embrassait avec ses brises
Et le troublait par sa beauté.

Il a perdu contact avec le monde
Et désormais son cœur ne le voit plus,
Pris dans sa passion, si grande,
Et qui sans elle se sent perdu.

La mer, si belle et si jalouse,
N'appartient pas à un seul homme,
Elle est volage et fait les bises
À ceux qui aiment ses bels arômes.

Elle prend en piège les cœurs des hommes
Et les assèche au fil des jours
Pour que les simples cœurs des femmes
Ne connaissent pas un tel amour...


lundi 21 septembre 2015

Yeux

Les yeux du Corps n'ont pas de vue

Qui perce l'essence de vie,

Ils aiment tout ce qui brille, c'est bien connu,

Et trompent l'esprit soumis.


Les yeux d'Esprit sont très puissants

Pour découvrir les liens cachés

Qui gèrent le monde et des humains

À la recherche de Vérité.


Les yeux du Cœur voient le sens

De la Mort et de la Vie

Et rendent la vue aux yeux du Corps

Et illuminent ceux de l'Esprit...



samedi 12 septembre 2015

Bateau

Comme un bateau en pleine tempête,

Perdu au fond de l’océan de Vie,

L’Homme mène son interminable quête,

Guidé par les chimères de l’esprit.


Le corps battu par la folie des vagues

Et son esprit qui vole avec le vent furieux,

Il tente à échapper à la noyade

Et préserver son âme, en implorant les Dieux,


En espérant un jour de retrouver sa baie

Aux eaux tranquilles où la tempête se meurt

Pour pouvoir bercer son âme pour une éternité

Par la musique des vagues de son cœur…


I, Aivasovsky "Storm at Sea"

vendredi 11 septembre 2015

Qui êtes-vous?

Qui êtes-vous, les gardiens de moral,
Les inquisiteurs avec une torche à la main,
Ceux qui savent ce qui est bien et ce qui est mal,
Armés jusqu'aux dents avec les flèches au venin?

Vous, les juges du monde entier,
Les vautours aux dents et griffes pointues
Qui dévorent de la tête aux pieds
Ceux qui sont fragiles, abattus

Et qui luttent de toutes leurs dernières forces
Pour la survie de leurs pauvres âmes,
Prises en pièges par vos dogmes et vos mœurs,
Souffrantes du venin de vos blâmes.

De quel droit jugez-vous ces âmes innocentes
Dont la lumière brille de mille feux,
Ces âmes pures, nobles, différentes,
Qui ne font pas partie du troupeau?

Vous puisez vos droits dans le feu des bûchers,
Montés par vos esprit haineux,
Que votre monde obscure et laid
Prend pour les éclats lumineux.

Hurlez, frappez, offrez au sacrifice
Tous ceux qui cherchent l'Amour et la Beauté,
Votre monde n'est qu'un Enfer, un maléfice,
Nous, on a le monde où vous n'aurez jamais l’accès!


S. Botticelli "Calomnie d'Apelle, 1495











lundi 7 septembre 2015

Noblesse d'esprit


La noblesse d’esprit n’est pas le résultat d’éducation, d’érudition ou d’appartenance à l’aristocratie; elle ne connaît ni la nationalité, ni le niveau social, ni l’âge. C’est une sorte de sagesse humaine, mais pas forcement celle des vieux, acquise grâce à l’expérience, à l’observation, la meilleure connaissance de soi et des autres qui remplacent la force, la vigueur, la souplesse et les désirs d’autrefois. La noblesse d’esprit n’est pas un privilège des vieux, même si leur sagesse les rend plus humains et dociles. Elle prend naissance dans la connaissance de soi, l’amour pour soi et dans l’acceptation de sa propre valeur. 
Ce n’est pas l’amour propre égoïste, orgueilleux, qui permet de se soulever au dessus des autres, mais l’acceptation de ses propres qualités et défauts, de son authenticité. Elle ne vient pas de l’extérieur, du respect ou de l’amour des autres, des connaissances acquises ou de la richesse. C’est un produit intérieur. Paysan ou aristocrate, riche ou pauvre, jeune ou vieux, instruit ou analphabète, la noblesse d’esprit ne fait pas de différence. Elle n’est pas ni l’égoïsme, ni la servitude, ni l’arrogance, ni le sacrifice – elle ne connaît pas les extrêmes. C’est un point d’équilibre, une harmonie dans les rapports à soi et aux autres. Seulement le respect sain pour soi et pour sa propre valeur ouvre la porte au respect des valeurs des autres. Un noble d’esprit n’a pas besoin qu’on lui explique ce qui est bon et ce qui est mauvais, la façon de se comporter – il le sait déjà. Tout ce qu’il souhaite pour soi, il transpose sur l’autrui.
Celui qui néglige soi-même pour se sacrifier à son prochain, cherche en fait l’amour et la reconnaissance d’autrui pour pouvoir s’aimer. Il est comme un riche qui affiche sa bienfaisance pour obtenir le respect et l’admiration qu’il n’a pas pour lui-même.  Ce n’est pas non plus la gentillesse exagérée, la mielleuse politesse ou la fosse modestie. Un noble d’esprit ne se sacrifie pas aux autres au dépit de soi, car il connaît la valeur des autres comme la sienne et donc il n’a pas le droit de la négliger.
Un noble d’esprit est libre des conventions, des idées reçues, son regard de s’arrête pas sur les murs de sa maisons, il voit plus loin, son terrain de jeu est l’univers entier où chaque chose a un sens de même façon que sa propre existence, guidée par son énergie vitale - la source de toutes ses actions, ses pensées, l’amour et la lumière intérieur.
L’histoire de l’humanité a été le témoin des vies des hommes nobles d’esprit qui possédaient cette lumière au fond d’eux. Certains écrivains, philosophes, humanistes, poètes ou prophètes, et aussi les gens simples, sans talents particuliers, mais qui étaient la source d’inspiration pour les autres et qui ont fait perdurer leur sagesse à travers les proverbes ou les contes, mais aussi par leur amour à travers un simple regard bienveillant qui donne l’espoir…

mercredi 2 septembre 2015

Il faut du temps...

Il faut du temps pour se bâtir
Et récoler les p’tits morceaux
Des actes, des fautes, des souvenirs
Pour faire un beau tableau.

Il faut du temps pour bien grandir
Et regarder la vie,
Apprendre, essayer, mûrir
Et libérer l’esprit.

Il faut du temps pour découvrir
Et retrouver soi-même,
Celui qui est en train de courir
Pour échapper aux flemmes.

Le temps, il est toujours en fuite
Et coule entre les doigts,
On le poursuit encore plus vite,
Mais l’on n’attrape pas.

La multitude des p’tits instants
Défilent devant nos yeux,
Mais on les voit que dans les rides
Et dans le gris de nos cheveux.

Le temps, on ne peut pas le posséder,
On peut que le saisir
Dans les moments où on s’arrête
Pour se laisser sentir

L’odeur de l’air, si délicieux,
Ou le parfum des fleurs,
Mouvement de l’âme au fond des yeux
Et les battements du cœur.

Le reste, ce n’est qu’un temps perdu,
À tout jamais et sans retour,
Fait de regrets, de l’amertume
Et des soucis de tous les jours.

Il faut du temps pour devenir
Un Homme sensé, le vrai,
D'esprit léger, pour découvrir
Le sens du temps gâché…

samedi 22 août 2015

Cirque

Ils étaient une fois deux amis qui vivaient dans une petite ville. C’était une ville comme les autres, sauf un détail – elle possédait une troupe de cirque. Chaque semaine les artistes présentaient leur spectacle aux citadins et aux habitants des villages environnants. Les deux amis faisaient partie de cette troupe – un était le Clown Blanc, joyeux, rigolo, plein d’énergie et de blagues; l’autre – Clown Noir, mélancolique et triste. Dans la vie ils se ressemblaient beaucoup, ils avaient les mêmes rêves, les mêmes problèmes comme, d’ailleurs, tous les autres gens. Mais à l’intérieur du chapiteau ils jouaient les rôles différents. L’un, plus enthousiaste par sa nature, a choisi le personnage d’un clown joyeux pour faire rire les gens, l’autre, très sensible et mélancolique, a préféré de rester fidèle à sa personnalité.
Souvent, en regardant le numéro de son ami et les gens qui éclataient de rire, le Clown Noir se disait que lui aussi aimerait faire rire le public, être le centre d’attention, celui pour qui les gens viennent au cirque pour pouvoir oublier leurs soucis. Il voulait plaire, mais il ne pouvait pas gérer sa solitude et son angoisse, il ne pouvait pas changer. Le Clown Blanc n’était pas en réalité si heureux que tout le monde croyait. Oui, il savait faire rire les gens, raconter des blagues et faire les tours de magie. Seulement à chaque fois avant le spectacle il était obligé de mettre un masque pour paraître joyeux. C’était difficile, car il devait faire semblant et cacher ses problèmes et ses peurs sous un masque de bonheur, ce que lui faisait ressentir encore plus vivement sa souffrance. Une fois le spectacle terminé, il pouvait redevenir lui-même, seulement ce petit moment de mascarade lui enlevait toutes ses forces, il se sentait épuisé. En regardant à son tour son ami, il l’enviait, car le Clown triste pouvait rester lui-même et ne pas masquer l’état de son âme. Dans ce monde hypocrite, où règnent l’apparence et le fausse bonheur, lui seul était vrai. Certes, les gens, en le voyant, n’étaient pas pris de fou rire, mais il leur faisait ressentir les émotions plus profondes, parfois même oublies ou enfouis. Leurs cœurs se remplissaient d’amour et de tendresse et leurs yeux - des larmes. Mais ce n’étaient pas les larmes de douleur ou de souffrance, c’étaient les larmes claires et limpides qui purifiaient leurs âmes…

vendredi 14 août 2015

Histoire d'Adam

Connaissez-vous l'histoire d'Adam, ce jeune homme qui a osé désobéir à son père? Je pense que vous avez entendu parler de version du père, qui aimait, sans doute, son fils et qui voulait qu'il reste avec lui pour toujours dans son Paradis stérile, vidé de doutes, de questions, de réflexions, de passion. Comme aurait fait n'importe quel père qui souhaite préserver son fils des déceptions et des chagrins, lui expliquer ce qui est bon et ce qui est mauvais, ce qu'il doit penser ou ressentir.

Un jour, Adam a rencontré une jeune femme qui s'appelait Ève. Il a découvert l'amour et il a compris que malgré tous les leçons que son papa lui prodiguait, il ne connaissait rien de la vie, de ses propres sensations et de sa personnalité. Et il est parti à la recherche de son propre bonheur. Il a quitté le Paradis douillet de son père et a plongé dans le monde infernal, plein de regrets, de déceptions, de souffrances, car il a compris que ce chemin était le seul qui pourrait lui donner la chance de trouver son bonheur, de se libérer de vieux dogmes et de devenir un Homme, égal à Dieu...

Marc Chagall "Adam et Ève chassés du Paradis"



lundi 10 août 2015

Homme, lève-toi...

Homme, lève-toi, arrête creuser la terre!
Tu es sur les genoux depuis longtemps
À la recherche des vers de terre
Qui alimentent toutes tes passions.

Tu es aveugle, comme ces vers,
Cloué au sol par l’ignorance
Qui ronge ton pauvre cœur amer
Et ton esprit – l’esclave des sens.

Tu ne vois plus le ciel et ses étoiles,
Préoccupé par la grosseur des vers,
Ni la Nature et sa sagesse sans failles
Dont toi, n’est qu’un pervers.

Elle t’a donné le cadeau inestimable –
Ton cœur et ton esprit puissant
Pour que tu ne te sens pas coupable
De tous péchés de tes parents.

Tu es l’Élu, tu es le fruit d’amour
De la Nature pour toi, être humain,
Pour que tu deviens un Homme un jour,
Digne et fier de ton beau destin.

Lève-toi, libère ton bel esprit
De tes chimères, présentes depuis la nuit des temps,
Des dogmes et des canons qui te rendent soumis
Et qui t’empêchent d’entrer dans Panthéon

De tous les Dieux, où tu as ta place
Que tu l'avais depuis toujours,
Lève-toi, oublie tes peurs, rejette ta carapace
Et mets ton cœur sur un autel d'Amour!

Et tu seras un Homme égal aux Dieux,
Aimant et sage, le havre de la paix,
Et tu verras au fond des cieux
La belle lumière d’éternité!



mercredi 5 août 2015

Sport

L’homme est une créature violente, la confrontation fait partie de sa nature. Depuis ses origines l’homme mène le combat pour sa survie contre les forces de la nature, les prédateurs et ses semblables. La loi de la nature exige la survie du plus fort. Le combat pour la survie a été remplacé par les guerres des idées au nom de la religion, du pouvoir, du profit. L’esprit humain était toujours plein de bonnes idées et avec le temps il est devenu plus malin, plus orgueilleux et plus cruel. Tuer l’autre à cause de sa différence est le summum de la perversité d’esprit.
Les idées humanistes ont calmé les impulsions brutales, mais ils n’ont pas réussi à changer la nature humaine. L’homme reste possédé par l’esprit de la compétition, de la confrontation et d’humiliation de l’autre. Les lois des pays « civilisés » arrivent à contenir la violence des masses dans sa majorité, mais ne la détruit pas. Comment faire pour libérer l’esprit de l’emprise de la violence naturelle en absence de guerre? Le sport! Ce compromis qui calme à la fois la soif de l’affrontement, préserve l’ordre public et assure le divertissement pour la foule. Les combats des gladiateurs sur l’arène du Colisée pour la gloire d’empereur étanchaient la soif de sang du public et la rendaient plus docile. En plus, la distribution du pain le transformait en un troupeau de moutons doux et obéissants.
Depuis rien a changé, ou presque. Le versement du sang ne fait plus parti du programme. Mais cela ne transforme pas pour autant la confrontation sportive en une promenade de santé. Le public sur les tribunes parfois si échauffé qu’une simple adversité se transforme en une véritable guerre avec des blessés et des morts. Le sport n’a rien avoir avec les exercices physiques, visées à préserver la santé et attendre un équilibre naturel. Le sport est la violence, faite sur le corps et l’esprit. La vie d’un sportif est faite de blessures, de souffrances physiques et psychologiques, d’excitations et de frustrations. Désormais il ne suffit plus de faire du sport pour le plaisir, le but c’est la réussite, la performance, le succès, la reconnaissance, la revanche. L’envie d’être le meilleur que les autres révèle une souffrance intérieure, le complexe d’infériorité et souvent l’amour propre blessé. C’est une vraie maladie mentale qui ne se soigne pas, mais pourrait être soulagée temporairement grâce à la réussite atteinte. Cela ne dure jamais longtemps. L’euphorie, provoquée par une victoire, devienne une drogue, une dépendance, un sentiment du plaisir, du bonheur. Pour retrouver encore ces sensations, atteindre à nouveau le sommet, éprouver le sentiment d’Importance, de supériorité et du bonheur les sportifs continuent de maltraiter leurs corps et souffrir encore et encore. Dommage qu’ils ne peuvent pas rester sur leur piédestal pour toujours et être heureux. Ils ne sont pas tous seuls, il y a des autres, comme eux, qui rodent autour avec les yeux remplis d’envie, de jalousie, de haine, prêts à prendre cette place, tant convoitée.
Depuis quelques décennies les gourous du profit ont décidé d’exciter encore plus les esprits maladifs, en secouant devant eux des liasses d’argent. Un sauvage du temps de bronze, tuant pour sa survie, s’est transformé en sportif professionnel avec les yeux fous, l’esprit malade, le corps drogué, à la recherche de billets verts avec lesquels il tente acheter le respect, la reconnaissance, l’amour, assouvir sa vengeance pour calmer sa douleur. La guerre qu’il mène est plus cruelle qu’autrefois. Avant une défaite signifiait la mort subite, désormais un sportif n’a plus ce luxe. Il est condamné à perdre des milliers de fois et continuer, malgré la souffrance. Certains deviennent plus forts, plus durs et plus agressifs, d’autres perdent le pied et brûlent les ailes. Quand leurs corps épuisent les réserves et perdent la capacité de battre leurs démons, ils continuent à surfer sur les restes de leur argent ou de leur popularité pour ne pas se noyer dans l’océan de la déception.