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vendredi 23 octobre 2015

Cuisinier

Il était une fois un cuisinier. Il était très gentil et très doué. Il savait préparer toute sorte de plats avec les produits du terroir. Mais un jour il s’est mis à rêver des produits exotiques, colorés et parfumés, et il imaginait les plats merveilleux qu’il pourra concocter si seulement il arriverait les avoir. Ce rêve prenait plus en plus de place dans son esprit. Il passait des jours entiers à rêver pendant que son pot-au-feu était en train de brûler. Il était lassé de tous ces légumes et fruits habituels qu’il utilisait depuis tant d’années. Il a abandonné son travail, ne mangeait presque rien et ne faisait que rêver. Et un jour il est tombé malade. Il était très mal, il croyait mourir lorsque il a réalisé que peut être il ne verra jamais tous ces merveilles exotiques et ne réussira jamais son plat extraordinaire. Mais il a compris également qu’il aimait ses proches et qu’ils seront désespérés et malheureux s'il aller de mourir. Il a arrêté de rêver et il est retourné dans sa cuisine.
Pour la première fois il a vu sa vie avec les yeux différents qui n’étaient plus voilés par les mirages des rêves impossibles. Il a vu sa cuisine, inondée de lumière qui éclairait les murs en pierres jaunes, le foyer chaleureux, mais surtout la profusion des couleurs. C’étaient les produits ordinaires qu’il a vus tant de fois, mais ce jour-là il a su apprécier leurs couleurs, formes, odeurs, textures. Il s’est mis au travail.
Le nouveau regard lui a permis d’aborder chaque produit différemment. Il ne voulait plus les faire bouillir, comme il faisait avant, il voulait les mettre en valeur à l’aide d’une nouvelle découpe, nouveau mode de cuisson, de représentation ou d’assaisonnement. Il ne voulait plus reproduire les vielles recettes de ses ancêtres, qui pourtant étaient très bonnes. Son cœur avait envie de couleur, d’innovation, de rêve...
Désormais chaque jour était différent, chaque jour apportait une nouvelle découverte des vieux produits du terroir, tellement connus et tellement nouveaux à la fois.
Parfois dans son sommeil il voyait le marché exotique et coloré, mais maintenant il n’avait plus de regrets parce qu’il savait que même avec les produits ordinaires de tous les jours il peut faire des merveilles et créer les rêves avec ses propres mains.


mercredi 2 septembre 2015

Bonheur III. Il est où le Bonheur?

Il est où le Bonheur? Ailleurs? Quelque part?
Comment y accéder?
Il y a tant conditions et des coups du hasard
De la vie bien remplie des idées:

La santé, le bien-être, l'amour,
Le travail, la carrière, le succès,
La beauté, l'apparence soignée tous les jours,
La famille, les amis et la paix...

On veut tout, ici et maintenant,
Sans attendre ni payer le prix
Des souffrances, des efforts, des adieux,
Ni sans travail acharné de l'esprit.

On cherche à remplir le commode de la vie
Et tous ses jolis tiroirs
Pour chasser le vide de l'ennui
Et trouver la valeur au fond des regards

Qui nous arrachent à nous-mêmes
Et nous privent de Liberté,
Étouffée, bafouillée, malade et blême
Qui détruit le Bonheur à jamais...

La Liberté d'Esprit est le vide magistral,
En dehors des chaines, des dogmes, des peurs,
Le seul chemin qui mène vers le Graal -
L'Amour, la Joie et le Bonheur...

dimanche 23 août 2015

Bonheur II. Cadeau

La vie n’est pas facile? Détrompez-vous! Elle est plus facile que vous croyez, il suffit de savoir comment s’en prendre. On l’a reçu en cadeau de la part de nos parents qui avaient pourtant de bonnes attentions et surtout beaucoup d’envie de l’offrir. C’était un cadeau-surprise, on ne l’a pas choisi et de plus, il n y avait pas de mode d’emploi qui va avec. Et on le traîne avec nous, souvent un peu trop lourd pour nos frêles épaules, souvent on le blâme, on le maudit, on le néglige, mais on l’aime comme même et on a peur de le perdre. On le regarde de tous les cotés, il nous parait tantôt beau, tantôt laid, mais à faute d’avoir un mode d’emploi, on ne comprend pas son fonctionnement et son utilité. Comme n’importe quel  cadeau-surprise, celui-ci a aussi pour le but d’apporter le plaisir et le bonheur, mais comment faire pour que ça soit le cas, comment trouver le moyen de profiter de ce magnifique cadeau, comment pénétrer son mystère et trouver le bonheur?

jeudi 20 août 2015

Bonheur I. Connaissez-vous?

Connaissez-vous cette sensation, ce sentiment de bonheur permanent, si éphémère et insaisissable et, en même temps, si réel, qui remplit l’âme avec la lumière, procure la paix intérieure, libère l’esprit, et qui donne l’impression de tout comprendre : le monde, les autres, soi-même; qui chasse les peurs devant le futur, efface les regrets du passé, donne du sens à chaque chose, à chaque événement et à chaque rencontre de la vie?
Connaissez-vous cette sensation de survoler le monde, de s’en détacher, de voir les gens à travers leurs masques qu’ils mettent par la peur de dévoiler leur vraie nature, par la peur d’affronter un regard désapprobateur d’autrui qui, lui aussi, est pris en piège par les mêmes craintes et qui ne regarde le monde qu’avec les yeux, voilés par le brouillard de l’ignorance; connaissez-vous cette impression de les comprendre et les aimer pour cela?
Connaissez-vous cette sensation de calme et d’émerveillement au beau milieu de la tempête, quand tout se déchaîne et s’écroule autour, et vous, charmés par cette force de l’Univers, ne voyez que le sublime orage qui éclaire de mille feux le ciel déchiré?
Connaissez –vous l’amour qui habite votre être et illumine les yeux de ceux qui le perçoivent dans votre regard?
Connaissez-vous cette force qui anime votre corps, votre esprit et votre cœur, qui forment une osmose harmonieuse?
Connaissez-vous vous-mêmes?

mardi 18 août 2015

Fleur

Le destin est une suite des conséquences de nos choix, qu’on fait au cours de la vie. Il n’est pas dans notre pouvoir de choisir le lieu de naissance, les parents, les personnes de l’entourage. On est libre tant que les circonstances et les autres nous le permettent. Au cours de la vie on manœuvre entre tout cela, comme entre les arbres de la forêt, à la recherche du bonheur, en ne sachant même pas à quoi il ressemble. En chemin on ramasse des petits plaisirs, des moments de joie, parfois on butte contre les obstacles, on tombe, en se faisant mal, mais on continue à errer. On rencontre d’autres personnes, on se met ensemble, seulement même à coté d’un autre on poursuit notre propre chemin, à la quête de notre propre bonheur qui n’est pas forcement le même que celui de l'autre.

Habitué aux petits plaisirs, attrapés à gauche et a droite, on se lasse, on se fatigue, on s’ennuie, on n’a plus envie de rien, même de ce grand bonheur tant désiré autrefois. On ne croit plus, on se contente de ce qu’on a, et on maudit les autres et le destin. On se sent tellement seul et perdu dans ce monde, pourtant bien organisé et plein de gens, qu’on éprouve l’envie de fermer les yeux pour s’en arracher, de plonger au fond de soi-même, ce refuge silencieux, de s’abandonner, en n’écoutant que le battement de son cœur. Lui seul, vrai et pur, connaît toutes les réponses et abrite le bonheur qu’on cherche ailleurs et qui était toujours la, si prés, négligé et oublié, troqué contre des plaisirs éphémères. De temps en temps notre cœur donnait des signes de vie, en jaillissant soudainement quand on s’attendait le moins, en illuminant tout autour. Ces moments, suspendus dans le temps et dans l’espace, courts et infinis à la fois, ont plusieurs noms : bonheur, nirvana, lumière, amour, joie, dieu ou «pur moment de poésie». Pour saisir ces instants lumineux, ce bonheur à l’état pur, il suffit de s’arrêter, d’oublier le passé, de ne plus soucier du futur, de s’en arracher de tout et de tous pour pouvoir sentir son cœur s’ouvrir, comme une belle fleur, et répandre le parfum du bonheur...







lundi 20 juillet 2015

Esprit

Le bonheur de l’homme est toujours conditionné. Il est toujours ailleurs : dans le travail, dans l'amour, dans la famille, dans les loisirs. L’homme ne peut pas être heureux ici et maintenant, il lui manque toujours quelque chose. Son esprit enchaîné suit aveuglement les sens, les instincts, les envies, il est à leur service. Une fois l’envie apparaît, l’esprit immédiatement commence chercher des solutions pour sa réalisation. Il est fidèle serviteur de son maître – le Désir, le monstre a plusieurs tètes : les sens, l’orgueil, le pouvoir, la possession. Il est tellement fort et tenace que une fois pris l’homme dans ses pattes, il ne le lâche plus. Manger plus en plus, se divertir à l’infini, consommer sans arrêt, se faire plaisir – est une suite interminable de tentations qui s’entremêlent, se nourrissent mutuellement et se transforment en un monstre cancéreux qui dévore non seulement l’esprit, son fidèle serviteur, mais aussi le corps qui devient plus en plus malade, épuisé, tellement saturé de tous les plaisirs qu’il ne les ressent plus. Tout autour de lui est désormais connu et ennuyeux que le pauvre esprit se jette à la recherche des nouveautés pour satisfaite le monstre: un nouvel amour, un nouveau voyage, des nouvelles sensations dans les sports extrêmes et des activités insolites. Il a même inventé un outil, l’internet, pour accélérer ses recherches et le laisser jamais le monstre s’ennuyer, si non, il risque de faire les dégâts, comme un enfant capricieux qui ne trouve pas d’occupation.
L’absence du désir pour l’esprit enchaîné devient insupportable. Tellement habitué à servir le monstre, sans lui il se sent inutile, nul, misérable. Toujours en mouvement, un arrêt pour lui est semblable à la mort. L’esprit serviteur n’est pas conscient de sa force; aux services des autres il a gaspillé toute son énergie pour satisfaire ses propres désirs et ceux des autres. Pour pouvoir libérer sa force il doit apprendre à maîtriser le monstre. Il est impossible de se débarrasser des envies, ils surgissent de partout : du corps, du cœur et de l’esprit même. L’homme mène une guerre intérieure interminable où les envies et le bon sens s’affrontent, ne laissant sur le champ de bataille que les frustrations et de la souffrance. Cette guerre empêche l’homme de trouver la paix. Les envies, beaux et cruels, attirent, promettent, séduisent. Seul esprit, libre de servitude, est capable de voir leurs ruse, bassesse, traîtrise, capables de transformer l’homme en créature la plus dangereuse et impitoyable sur terre. Il est impossible d’empêcher les envies de naître, mais l’esprit à assez de force pour se libérer de leur emprise, de les observer sans jamais détourner le regard, les comprendre, les plaindre et ne se laisser pas séduire.
Le jour où l’esprit arrive à atteindre cette liberté, cette maîtrise de soi, ce nouveau regard, jamais voilé par le brouillard des désirs, il ressent sa puissance qui jaillit avec tant de lumière et de joie qu’il réalise, sans éprouver aucun doute, qu’il a enfin trouvé ce qu’il cherchait depuis si longtemps: la vérité, la connaissance universelle qui provient du fond de soi-même, de l’âme. Cette vérité, qui depuis toujours faisait parti de sa nature, était emprisonné par tant de choses: des envies, des tentations, des peurs, des règles, des conventions. Elle ne dépend pas de quantité des livres dévorés, ni de savoirs acquis. Cette vérité lumineuse, logée au fond de l'âme, éclaire chaque coin, permet de voir claire en soi, comprendre ses propres actions, envies et craintes et au même temps saisir les lois qui dirigent le monde. L’esprit, enivré de liberté retrouvée, est capable de monter très haut et comprendre le monde, peuplé des aveugles guidés pas des autres aveugles dont les esprits serviteurs les mènent vers un abîme. Il les plaint mais il sait qu’il est impuissant de les aider, car il n’existe pas de règles, de conseils, de techniques ou des préceptes qui pourraient les aider à ouvrir les yeux. La seule solution est de s’arracher des autres et de soi-même, de ses propres connaissances, des règles, des idées acquises qui encombre l’esprit, de se libérer du pouvoir des envies, des remords du passé, des espoirs éphémères et de s’arrêter, de mettre son âme à nu et de plonger dedans...
Vidé de tout, le gouffre intérieur parait noir et effrayant. C’est un enfer, mais c’est le seul chemin à prendre pour pouvoir un jour monter au paradis, non celui de l'au-delà, mais au paradis terrestre, le seul possible. Ce voyage infernal au fond de soi-même se transforme en purgatoire qui purifie l’âme, libère l’esprit et prépare le terrain pour semer la vérité, à l’instar d’une innocente feuille blanche prête à recevoir une nouvelle histoire.
Parmi ceux qui à la recherche de la connaissance il y a ceux qui, apeurés, retournent en arrière, en préférant de se murer dans l’ignorance et des fausses idées, de fermer les yeux et de rester aveugles, car le chemin initiatique leur parait d’une difficulté insurmontable. Mais il y a ceux qui continuent, malgré la peur et le désespoir, ils ne savent pas ce qui les attend, mais ils ne veulent pas retourner en arrière, dans le passé où ils cherchaient désespérément la lumière partout autour d’eux sans jamais la trouver. Le seul endroit où ils n’ont pas encore cherché c’est à l’intérieure d’eux-mêmes, dans ce monde inconnu, hostile et terrifiant. Ils continuent leur voyage dantesque, s’engouffrent plus en plus dans le noir intérieur et à un moment donné ils aperçoivent qu’il ne leur reste plus d'envie, ni d'espoir, ni de regret, ni de la peur – il ne reste plus rien, ils se sentent vidés de tout. C’est le purgatoire, il est plus effrayant que l’enfer, car il est débarrassé des sentiments, bons au mauvais, des souffrances, des cris, des doutes, des tentations. Il ne reste que le vide, le silence insupportable et le noir impénétrable. C’est le néant…
Et c’est là que la lumière jaillit, tellement forte et belle qu’elle aveugle les yeux, habitués au noir. Elle pénètre dans le cœur, éclaire l’esprit, transperce le corps et l’âme, troublés par sa puissance et sa chaleur. En même temps l’amour envahit tout l’être, l’amour pour soi, pour les autres, pour le monde qui devient tout à coup transparent et compréhensible. Tout ce qui avant était un tas de morceaux éparpillés: les décisions, les événements, les rencontres, devient une unité harmonieux, remplie de sens. Comme si le soleil est revenu dans la forêt, chassant le brouillard. D'un coté, le monde était comme avant, ni plus beau ni plus laid, seulement les yeux, éclairés par cette nouvelle lumière de vérité, voyaient désormais les choses connus comme pour la première fois et chaque détail trouvait sa place dans l’ensemble. Mais de l’autre coté, c’était le monde nouveau qui reflétait son nouveau soi, libre des préjugés, des idées reçus ou des critères établis. Une vérité universelle, nue, fragile mais à la fois forte et puissante, qui illumine tout et détruit les ombres...